Né à Boulogne-Billancourt le 22 juin 1982, Nicolas Lefebvre vit et travaille à Paris.  Bercé dès l’enfance par le Surréalisme, inspiré par André Breton, Miro ou Brancusi, c’est en chineur amoureux des objets que Nicolas Lefebvre arpente très jeune les salles de ventes, les puces et les antiquaires à la recherche de matériaux pour sa création. À cette époque, celle-ci consiste à l’assemblage singulier d’objets divers évoquant l’Arte Povera.

Il étudie l’histoire de l’art à l’IESA et à l’École du Louvre. Rapidement engagé par le galeriste Jacques Lacoste après l’obtention de son diplôme, il entreprend un voyage au Pérou à la recherche de mobilier des années 1950 de Jean Royère. Lors de cette expédition, il approfondit aussi ses connaissances dans ce qui l’attire depuis toujours : le primitif, le brut, le naïf.

À son retour à Paris, Nicolas fait la rencontre d’Axel Vervoordt, antiquaire et marchand d’art connu pour son éclectisme et son goût. Il travaille avec lui pendant deux ans, notamment lors de la Biennale des Antiquaires de Paris et à Kanaal à Anvers.

De 2004 à 2007, il assiste le commissaire priseur Maître Binoche dans l’organisation de ventes d’arts premiers (Précolombie, Afrique, Océanie, Amazonie) en adéquation avec ses recherches. Grâce à lui, il aiguise son savoir et enrichit sa propre collection d’objets anciens.

En 2008, Nicolas ouvre une galerie d’art dans laquelle il s’amuse à mettre en relation de façon insolite peintures (Chaissac, Matta, Dubuffet, Calder …), mobilier (Adnet, Perriand, Hoffmann …) et curiosités. Artiste autodidacte, c’est dans cette scénographie inattendue d’esprit Dada, qu’il introduit peu à peu sa création.

Animiste, il est sensible à la présence du sacré. Son talent consiste à faire dialoguer toutes sortes d’objets anciens : rares, précieux, ou encore traditionnels, organiques, intimes. Sans élitisme, ces derniers s’assemblent sous la forme de la croix de vie égyptienne (Ânkh), hommage à la féminité, devenant des sculptures qu’il nomme ses Déesses-mères.

Dans son processus créatif, il unit ainsi la Nature à l’Homme (un tronc d’arbre, une côte de baleine avec une table du Coran…)

Entre ses mains, la matière ne connait plus de barrières de temps ni d’espace et symbolise l’union entre les civilisations dans un dialogue de paix à l’utopisme assumé.

Le projet en cours de réalisation MAMA, carrefour des cultures, représente dans l’œuvre de Nicolas, le passage de l’individu à l’ensemble, toujours dans un souci d’unification. Le message est le même, seule l’échelle change. Il passe du symbole humain (la femme, la fertilité) à celui de la Terre (la Mère, source de toute vie et berceau de toutes les civilisations).

MAMA est une œuvre itinérante qui tourne à la vitesse de la Terre. Destiné à voyager, ce réceptacle circulaire accueillera successivement la terre de chaque pays du bassin méditerranéen hébergeant l’installation. Sur ce plateau, viendront dialoguer des objets chargés d’histoire en vue de célébrer nos racines communes.